Revue ICAMAR 33

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Revue ICAMAR 33 – Automne 2023

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UGS : ICAMAR 33 Catégorie :

Description

  • 95 pages
  • 3,55 Mb

Sommaire

  • Sommaire p. 2
  • Éditorial (Dr Raphaël Nogier) p. 4
  • Billet d’humeur (Dr Yves Rouxeville) p. 6
  • Rapport du CNOM (Conseil National de l’Ordre des Médecins), paru fin juin 2023. Les pratiques de soins non conventionnelles et leurs dérives.
    État des lieux et propositions d’actions. p. 8
  • Synthèse annotée du rapport du CNOM (Dr Yves Rouxeville) p. 19
  • Fiche CNOM PSNC Auriculothérapie (information public et patientèle) p. 26
  • Fiche D.G.S (2 pages, à partir du rapport de l’Inserm en 2014) p. 27
  • Reprise 10 ans après des Conclusions de l’Inserm sur l’Auriculothérapie p. 29
  • Série de cas : L’Acupression auriculaire en cas d’anxiété et de stress p. 38
  • L’Acupression auriculaire en cas d’anxiété et de stress (Barbara Aubert) p. 38
  • Brèves (relations de cas cliniques sur deux pages maximum) p. 50
  • Deux cas de séquelles douloureuses de thoracotomie traités par
  • Auriculothérapie (Dr Yves Rouxeville) p. 50
  • Acupression auriculaire dans un cas de brûlure (Yvan Ipperti) p. 52
  • Acupression auriculaire dans un cas de hoquet incoercible (Dr Jean-Pierre Graziana) p. 53
  • Un cas d’Auriculothérapie pour rétention urinaire en post-partum (Nathalie Fabre) p. 55
  • Hommages p. 57
  • Évocation du Pr. Guy Mazars (1947-2016) p. 57
  • Décès du Dr Odile Auziech à Montpellier le 9 juin 2023 p. 60
  • Textes généraux p. 62
  • Pr. René Leriche. Le rôle de la fonction troublée en pathologie. p. 62
  • Nouvelle approche et protocoles (Dr Yves Rouxeville) p. 65
  • Poster des Sage-Femmes de Lorient lors du X° Symposium -juin 2021) p. 70
  • Petite revue de presse générale p. 71
  • Une seconde onde du pouls découverte par l’Inserm (en Français, en Portugais) p. 71
  • Commotions cérébrales chez le sportif, la piste de la photobiomodulation p. 74
  • AVC, on peut devenir acteur de la protection de son cerveau p. 75
  • L’électrostimulation réduit des paralysies partielles induites par un AVC p. 77
  • Dépressions : découverte d’une nouvelle forme qui ne peut être soignée avec les antidépresseurs p. 78
  • La bouche, sentinelle oubliée de la santé p. 79
  • L’intelligence artificielle, deuxième lecteur en radiologie p. 81
  • Les effets ambivalents d’une activité physique très intense sur les artères p. 82
  • Vaccin à ARN messager : comment l’opiniâtreté de deux chercheurs les a menés au prix Nobel p. 83
  • Nouvelles des associations p. 85
  • Qu’est ce que le GLEM ? p. 85
  • Formation Sage-Femmes p. 88
  • Premier Colloque d’Acupression auriculaire (Pau, le 9 décembre 2023) p. 89
  • Organigramme administratif de l’association I.CA.MA.R et de la revue ICAMAR p. 92
  • Contacts et adhésion à ICAMAR p. 93
  • HEGEL, revue partenaire p. 94
  • Les Cahiers de Biothérapie, revue partenaire p. 95

Éditorial nº 33 (Docteur Raphaël Nogier)

Depuis de très nombreuses années une question me taraude : pourquoi la médecine française en est-elle arrivée là ?
J’appartiens à une génération de Français qui a connu la splendeur de la Médecine française. À l’étranger, il y a trente ans il suffisait à un médecin de dire qu’il était français pour être écouté respectueusement dans un symposium international tant il était évident que notre Art rayonnait sur le Monde. Peu à peu notre Médecine s’est appauvrie et s’apparente aujourd’hui à un chef-d’oeuvre en péril. La médecine française est un monument historique dégradé.
La réponse à la question pourquoi en est-on arrivé là n’est pas simple et nécessite quelques commentaires, nuancés car de nombreux facteurs expliquent le déclin de notre médecine. Certains sont intrinsèques liés à la pratique médicale elle-même, d’autres sont extrinsèques liés à l’organisation des soins en France.
Parmi les facteurs extrinsèques, je retiens, en premier lieu, le dévoiement de la Médecine.
C’est à la Révolution française que l’on doit l’introduction de la notion de santé. Dans l’Ancien Régime, les hospices étaient désignés par des mots hiératiques : Hôtel-Dieu, Hôtel de la Charité. On y soignait les pauvres et les malades par amour du prochain. Dieu était présent dans l’intention de soigner ainsi que dans la guérison du malade. Ambroise Paré résumait l’acte médical ainsi : Je le pansai, Dieu l’a guéri. Ce qui a fait dire récemment à Pierre Magnin cette superbe phrase : « N’oubliez pas que la Médecine est un don de Dieu. »
Nos révolutionnaires ont changé les noms et bien sûr les paradigmes en vigueur. Il est bien connu que pour changer les idées, il suffit de modifier la langue en démonétisant les mots anciens. Les hospices sont devenus des maisons de la Santé. Cette bascule sémantique, apparemment anodine, est en fait fondamentale. Il s’agissait et il s’agit en effet de faire perdre à la Médecine son caractère sacré. La Médecine devient une pratique non pas au service du patient mais au service de la Santé. On déconnecte ainsi l’acte médical de l’acte charitable. Cette notion de santé a permis plus tard l’avènement de la sécurité sociale et à travers elle la mise en place de la convention avec les médecins qui sont passés du statut libéral à celui de fonctionnaire sans en avoir les avantages.
Cette évolution, lente et progressive - il faut du temps pour changer les mentalités - s’accélère aujourd’hui. Certains y voient un enrichissement, j’y vois personnellement un appauvrissement de la Médecine. Le médecin jadis indépendant, n’est plus autonome ; il est sommé d’agir de telle ou telle manière sous peine d’être sanctionné. Il n’a plus le droit de prendre des initiatives, mais il est obligé d’obéir aux injonctions de l’État et de rendre des comptes à la toute puissante Sécurité Sociale. Cette évolution des mentalités a conduit à des aberrations telles qu’on les a vues durant la période aiguë de la COVID 19. Les médecins ne pouvaient plus prescrire certains médicaments sous peine de sanctions. On en voit encore aujourd’hui avec une loi en préparation visant à légaliser l’euthanasie.
Par ailleurs, deux facteurs intrinsèques me semblent importants et connexes : l’abandon de la médecine clinique et le déni sur l’existence des maladies fonctionnelles.
Le développement vertigineux des techniques paracliniques (radiographie, scanner, IRM, biologie) a eu pour corollaire le délaissement de l’examen clinique. Pendant de nombreux siècles, la médecine s’élaborait au lit du malade. Le médecin observait le patient et notait les symptômes. L’examen était minutieux. Le diagnostic était le fruit d’une observation, mais aussi et surtout celui d’un raisonnement méthodique.
Sans remettre en cause les bienfaits apportés par les progrès techniques, il faut bien admettre que l’examen clinique du malade est devenu aujourd’hui accessoire et que les diagnostics sont désormais les résultats d’une image, d’un chiffre, d’une exploration endoscopique ou d’autres examens paracliniques. Le médecin ne réfléchit plus méthodiquement puisque la technique lui apporte un diagnostic. Et c’est ici qu’est la faille béante dans laquelle tombent les médecins. Ce manque de méthode conduit à n’homologuer que les pathologies organiques et à négliger les troubles fonctionnels si bien décrits par René Leriche. Or, nous le savons, avec le RAC et avec l’auriculothérapie, les maladies fonctionnelles existent bel et bien.
Cette médecine hyper technique a pour emblème ces grandes tours carrées qu’on appelle les CHU et dont le rôle est de découper les malades en tranches et de les analyser avec des technicons. Impossible dans ce cadre-là de déceler ces fameuses pathologies fonctionnelles, invisibles aux rayons X et à la biologie, et pourtant à l’origine de nombreuses pathologies organiques.
Que ce soit en étudiant l’oreille ou en recherchant les RACs sur l’artère radiale, nous, médecins auriculothérapeutes, nous situons sans le savoir parfois, dans la droite ligne de la médecine française qui a fait la part belle à l’étude du système sympathique. Nous avons pour Maîtres : Bichat, Magendie, Brown Sequard, Claude Bernard, René Leriche, Pierre Magnin et bien sûr Paul Nogier. Ce sont eux qui ont eu raison de penser et d’affirmer qu’un trouble du SNA est à l’origine de troubles organiques. Ce sont eux qui ont raison quand ils affirment qu’il faut traiter le fonctionnel dans toute maladie organique. « Le microbe n’est rien, le terrain est tout. » disait Claude Bernard. Quant à Bichat, malgré sa jeunesse (il est mort à 31 ans), il donnait au système fonctionnel une importance majeure puisqu’il définissait ainsi la vie :
« La vie, c’est l’ensemble des fonctions qui s’opposent à la mort »
Raphaël Nogier